Le confort n’est pas un luxe

Le confort n’est pas un luxe

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Designer textile et patiente, Barbara a créé deuxième peau®, une protection textile pour les peaux lésées. Elle raconte son parcours avec l’eczéma, la naissance du projet et sa vision d’un accompagnement plus global.

1. Barbara, avant de parler de deuxième peau®, pouvez-vous nous raconter votre histoire avec l’eczéma et votre rapport à la peau ?

L’eczéma me fait me sentir vulnérable et m’impacte depuis la naissance de manière chronique, principalement sur le visage et le cou, mais j’ai pu expérimenter cela sur tout le corps certaines années. Désormais je comprends les crises. 

La fonction de cet organe m’inspire dans mon travail. C’est seulement en 2022, à 23 ans, lors d’une hospitalisation, que je prends conscience que l’eczéma est une maladie. C’est à partir de ce moment-là, après des années à être malmenée par les crises sévères, que je me suis “formée” pour comprendre pourquoi et comment réagissait ma peau.

2. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore deuxième peau®, pouvez-vous nous expliquer ce que c’est, à qui cette solution s’adresse et comment elle s’utilise ?

deuxième peau® est une protection textile qui se porte directement sur les zones abîmées, après avoir nettoyer les plaques : bras, jambes, et prochainement pour les mains !

Elle a été pensé pour les personnes qui vivent avec une peau lésée, que ce soit les peaux de type atopique , psoriasique ou cicatricielles, et à tous ceux qui se grattent sans le vouloir. 

C’est un outil concret qui stoppe le cercle vicieux de se gratter et laisse à la peau le temps de réparer dans de bonnes conditions puisque la matière Riliv® régule l’humidité et la température à a surface de la peau.

On l’enfile comme un sous-vêtement protecteur, layer intermédiaire entre la peau et ses vêtements habituels, pendant les crises ou en prévention. Il y a un effet légèrement compressif qui apaise mécaniquement les démangeaisons, tout en laissant respirer la peau. Selon un test produit fait avec l’Association Française de l’Eczéma sur 5 jours, 80% des personnes voient leurs démangeaisons apaisées.

3. Le nom « deuxième peau® » est particulièrement évocateur. Comment est-il né et que représente-t-il pour vous ?

Initialement le projet s’appelait SOIF (soif…de trouver une solution, face à une peau déséquilibrée, déshydratée). Mais il fallait trouver mieux ! Les recherches de noms furent drôles.  Je voulais un textile qui se fasse oublier. Qui prenne le relais quand la peau n’arrive plus à jouer son rôle de barrière. Une deuxième peau, au sens propre. deuxième peau® est arrivé par hasard, lors d’une discussion qui analysait mon approche produit en tant que designer.

4. Vous êtes designer textile de formation. En quoi votre expertise vous a-t-elle permis d’imaginer une solution différente de celles qui existaient déjà ?

Les solutions existantes venaient du médical, majoritairement de la cosmétique. En tant que patiente je voyais que selon les matières que je portais, ma peau se comportait différemment. 

Chez les soignants, peu de personnes comprennent l’impact du textile sur la peau, alors que l’on est en contact avec quasiment H24. Comme designer en innovation textile, j’ai observée les fibres, leur structure, chacune se comportent différemment avec son environnement et elles ont un un impact direct sur l’équilibre cutané.

J’ai donc travaillé la recette de matière, puis la main et la structure de textile pour aboutir à une matière qui apaise concrètement la peau. C’est ce qui a donné Riliv®, aujourd’hui brevetée.

5. Vous présentez deuxième peau® comme un « pansement lavable ». Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Un pansement protège la plaie. Puis on le jette. deuxième peau® fait le même travail de protection mécanique, tout en laissant la peau respiré (ce n’est pas occlusif), mais elle se lave environ 70 fois et se réutilise : à usage intensif, cela représente 3 lavages/semaines pendant 6 mois. Moins de déchets, moins de coût pour le patient, et une protection concrète et rassurante en cas de besoin.

6. Est-ce qu’il est possible d’appliquer des crèmes sous deuxième peau® ?

Oui, deuxième peau® est entièrement compatible avec les crèmes ou tout traitement. La fibre intérieure est naturellement lipophobe : elle n’aspire pas le gras et laisse la peau bénéficier des crèmes sans tâcher ses vêtements ou ses draps.

7. Depuis le lancement, y a-t-il un témoignage ou un retour d’utilisateur qui vous a particulièrement marquée ? 

« J’ai envie de pleurer tellement ça me soulage » est le témoignage qui m’a particulièrement touché. Lorsque qu’on a de l’eczéma pendant des mois en continu, on pourrait avoir tendance à devenir dingue, et parfois on oublie le fait même que vivre dans une peau confortable est possible. On perd la notion de la douleur. 

Le confort n’est pas un luxe, il est nécessaire pour mettre le corps dans de bonne disposition et stopper le cercle vicieux de l’inflammation. 

8. Aujourd’hui, qu’aimeriez-vous faire évoluer dans la manière dont les personnes qui vivent avec une peau fragile sont accompagnées ?

Les souffrances expérimentées avec les maladies de peau et notamment l’eczéma sont difficiles à décrire.

Les solutions les plus simples sont souvent les meilleures de mon point de vue, et effectives à long therme si utilisées en synergie avec d’autres approches : éducation thérapeutique, traitement, émollient, vêtement, mode de vie, alimentation, micro-nutrition, santé psychologique, sont les bases à surveiller pour maitriser les symptômes. Ce sont des maladies multi-factorielles, il faut les prendre en charge dans leur globalité.

J’aimerais que le textile fasse partie de l’ordonnance, au même titre que l’émollient. Et que les patients soient écoutés comme des experts de leur propre peau. La diversité de l’approche et l’écoute de son corps, c’est la clé.

9. Pour terminer, quel message aimeriez-vous adresser aux personnes qui traversent une période difficile avec leur peau et qui ont parfois le sentiment qu’elle prend toute la place dans leur quotidien ?

La diversité de l’approche et l’écoute de son corps, c’est la clé. Votre corps sait, mais il ne faut pas s’habituer à la difficulté de la maladie, si cela dure et impact votre quotidien, il faut savoir demander de l’aide et se tourner vers un relais comme les associations de patients (Eczéma France, France Psoriasis, Association Française de l’Eczéma), et surtout les médecins experts de votre pathologie.

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