Comment compenser la baisse d'hormone pendant la ménopause

Comment compenser la baisse d'hormone pendant la ménopause

Catégories : BEAUTE , SANTE

La ménopause correspond à une diminution progressive des œstrogènes et de la progestérone. Cette transition hormonale naturelle peut s’accompagner de bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sécheresse des muqueuses, fragilité osseuse ou variations de l’humeur. Certaines plantes, riches en phytoœstrogènes et en composés régulateurs, peuvent accompagner cette période en soutenant l’équilibre hormonal féminin. Le soja, le lin ou encore le houblon contiennent des substances végétales capables d’interagir avec les récepteurs hormonaux et de contribuer au confort pendant la ménopause et après. L’objectif n’est pas de remplacer les hormones, mais d’aider l’organisme à mieux s’adapter à cette nouvelle étape de vie.

Compenser le manque des œstrogènes de la progestérone par des plantes ayant les vertus de ces hormones

Une cure de plantes à action œstrogéniques et progestatives est très utile dès cette période. Ces plantes peuvent être prises à la place des traitements substitutifs de la ménopause car ils n’ont pas les effets délétères de ces médicaments, quoi qu’on veuille faire l’amalgame entre le naturel et le synthétique. Les phytohormones naturelles ne font pas courir les risques des hormones de synthèse. Elles permettent d’éviter en général que ne s’installe trop tôt les risques liés à la ménopause :

  • La sécheresse vaginale qui s’installe progressivement et qui peut être source de vaginose. La flore va diminuer en raison de la chute des œstrogènes. Avec pour conséquence l’apparition d’irritation au niveau du méat urinaire, et parfois du plancher pelvien, qui font croire à tort à des infections urinaires. Nous allons voir comment éviter cela, en plus des plantes dont nous allons parler.
  • La déminéralisation qui est secondaire à la carence en œstrogènes va accélérer l’ostéoporose. L’ostéoporose est un phénomène naturel de vieillissement de l’os mais elle peut être prévenue par des cures de collagène, de vitamine K, de silicium, et bien sûr de vitamine D.
  • Des difficultés d’adaptation au stress sont fréquentes à la ménopause en raison de la chute de la progestérone puisque cette hormone non seulement favorise l’apaisement, mais également aide le fonctionnement des surrénales.
  • La thyroïde peut se mettre au ralenti car les œstrogènes participent à une bonne fonction thyroïdienne qu’il est donc nécessaire de renforcer en général par un apport d’iode végétal.
  • Le cerveau est généralement embrumé lors de la ménopause, car il n’y a plus la stimulation hormonale. Mais ce brouillard cérébral que l’on peut améliorer n’est en général que passager.

Pourquoi faut-il faire des cures de phytoœstrogènes à la ménopause mais aussi par la suite

A l'heure actuelle, le traitement hormonal substitutif (THS) est fréquemment utilisé pour soulager les symptômes de la ménopause. Ce sont des hormones de synthèses qui sont prescrites essentiellement pour lutter contre les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et les fluctuations de l'humeur[1]. Cependant, malgré son efficacité, ce traitement chimique est associé à plusieurs inconvénients, qui incluent un risque accru de maladie cardiovasculaire[2], de cancer du sein[3] et d'événements thromboemboliques[4]. Ainsi, de nombreuses femmes se montrent préoccupées par les effets à long terme de ces traitements substitutifs. C’est ce qui a donné lieu à une préférence pour les thérapies alternatives. Malheureusement, les phytoœstrogènes ont été accusés par certains, sans preuves, de provoquer les mêmes problèmes que les traitements hormonaux chimiques. Cet amalgame a jeté un discrédit mensonger sur les formes naturelles que l’on trouve dans de nombreux végétaux. De nombreux auteurs d’études scientifiques ont alors exploré l’intérêt des phytoœstrogènes à la péri ménopause. En octobre 2024, un groupe de chercheurs a ainsi examiné un peu plus de 2000 articles, ce qui a permis de constater que les isoflavones de soja étaient efficaces pour améliorer les symptômes de la ménopause[5]. Nous allons dans ce chapitre évoquer les intérêts non seulement des phytoœstrogènes de soja mais également des autres phytoœstrogènes (lin et houblon).

Les phytoœstrogènes du soja ou isoflavones de soja

Il s’agit d’un groupe de phytoœstrogènes principalement présents dans le soja et ses dérivés. Ces composés, comprennent la génistéine, la daidzénine et la glyciteine. Ces substances hormonales des plantes ont des similitudes avec les oestrogène de la femme, mais ne sont pas les mêmes que les œstrogènes féminins. Ils peuvent se lier aux récepteurs des œstrogènes mais avec des effets différents. Ils ont une faible action œstrogénique[6].

Ainsi lorsque les œstrogènes vont commencer à fluctuer, puis à diminuer lors de la périménopause, ces composés végétaux vont tantôt réguler les excès, tantôt compenser le manque d’œstrogènes. En compensant les troubles hormonaux ils vont ainsi lutter contre les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et les sautes d'humeur[7]. Inversement, pendant les périodes de taux élevés d'œstrogènes, les isoflavones de soja bloquent de manière compétitive ces récepteurs, réduisant les effets de l'excès d'œstrogènes[8]. Ce double mécanisme modulateur aide à réguler l'équilibre hormonal et réduit l'inconfort causé par les fluctuations hormonales pendant la préménopause.

Le houblon

Le houblon (Humulus lupulus L.), est une plante largement cultivée en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Traditionnellement il sert à la fabrication de la bière. Mais il est surtout vanté pour ses nombreuses activités biologiques. Tout comme pour les autres phytoœstrogènes, on peut extraire du houblon un composé particulier très puissant, capable de soulager les bouffées de chaleur et d’améliorer la qualité de vie dans la période de la ménopause[9]. Il est également recommandé pour améliorer le microbiote intestinal et prévenir la fonte osseuse[10]. Une étude plus récente montre qu’il est aussi efficace que la prise des œstrogènes de synthèse chez les femmes ménopausées pour améliorer les dysfonctionnements sexuels. Mais, contrairement aux produits chimiques, il n’est pas à l’origine d’effets indésirables[11]. Il agit également comme sédatif nerveux et améliore la qualité du sommeil. Le houblon a été utilisé pour soulager l'insomnie, l'irritation, l'anxiété, la dépression et les troubles digestifs[12]. Les autres propriétés rapportées du houblon sont antibactériennes, antifongiques et gastriques[13]. De plus, dans la littérature disponible, aucun effet indésirable n’a été observé chez les sujets recevant du houblon.

Un exemple de traitement substitutif végétal

On peut remplacer facilement les traitements substitutifs synthétiques par des compléments alimentaires permettant d’améliorer le confort de la ménopause et d’éviter les risques que représente la post ménopause pour les os, les tissus, les muscles, les muqueuses et finalement le cœur et le cerveau. On ne peut pas parler alors à proprement parler de traitement substitutif mais de complémentation car ce ne sont pas des médicaments.

Il m’a été possible, il y a de cela plusieurs années, de mettre au point un complexe de plantes. Ce sont d’ailleurs ces plantes que je viens de décrire dans ce chapitre. Ce complément contient en effet à la fois du lin pour les lignanes, du soja pour la genistéine, du houblon pour son action sédative sur le système nerveux, mais aussi des plantes régulatrices comme le vitex (gattilier) et le yam. J’ai associé ces plantes dans un complément alimentaire ou l’extrait de houblon va avoir un effet apaisant, qui favorise une meilleure qualité du sommeil. Enfin, pour tempérer les œstrogènes, il y a un extrait de yam, qui a une action un peu analogue à la progestérone sur les récepteurs de cette hormone, notamment au niveau du système nerveux central. Pour les raisons évoquées précédemment, je recommande ce complément longtemps après la ménopause pour justement améliorer le confort féminin. Mais aussi au delà pendant plusieurs années pour lutter contre le vieillissement de la peau, des os et des muqueuses. 

Article extrait de l'ouvrage MÉTABOLISME ET PÉRIMÉNOPAUSE écrit par le Docteur Paul Dupont.

[1] Pop AL, et coll.. The current strategy in hormonal and non-hormonal therapies in menopause—a comprehensive review. Life. 2023;13(3):649.

[2] Cagnacci A, Venier M. The controversial history of hormone replacement therapy. Medicina. 2019;55(9):602.

[3] Stoer et al. Menopausal hormone therapy and breast cancer risk: a population-based cohort study of 1.3 million women in Norway. British Journal of Cancer. 2024;131:126–137.

[4] Gomes MP, Deitcher SR. Risk of venous thromboembolic disease associated with hormonal contraceptives and hormone replacement therapy: a clinical review. Archives of Internal Medicine. 2004;164:1965–1976.

[5] Luan H, et all. Effects of soy isoflavones on menopausal symptoms in perimenopausal women: a systematic review and meta-analysis.PeerJ. 2025 Jul 23;13:e19715

[6] Poschner et al. The impacts of genistein and daidzein on estrogen conjugations in human breast cancer cells: a targeted metabolomics approach. Frontiers in Pharmacology. 2017;8:699.

[7] Khapre S, Deshmukh U, Jain S. The impact of soy isoflavone supplementation on the menopausal symptoms in perimenopausal and postmenopausal women. Journal of Mid-life Health. 2022;13:175–184.

[8] Viscardi et al.. Effect of soy isoflavones on measures of estrogenicity: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Advances in Nutrition. 2025;16:100327.

[9] Heyerick A., et al. A first prospective, randomized, double-blind, placebo-controlled study on the use of a standardized hop extract to alleviate menopausal discomforts. Maturitas. 2006;54(2):164-75.

[10] Lecomte M., et al. Effect of a Hop Extract Standardized in 8-Prenylnaringenin on Bone Health and Gut Microbiome in Postmenopausal Women with Osteopenia. Nutrients. 2023;15(12):2688.

[11] Vahedpoorfard, et al. Effet de Humulus lupulus L. sur la dysfonction sexuelle post-ménopausée: un essai clinique randomisé Int J Clin Pract. 2023 Apr 17;2023:9528335.

[12] Mazaro-Costa R., et al Medicinal plants as alternative treatments for female sexual dysfunction: utopian vision or possible treatment in climacteric women? The Journal of Sexual Medicine . 2010;7(11):3695–3714.

[13] Zanoli P., Zavatti M. Pharmacognostic and pharmacological profile of Humulus lupulus L. Journal of Ethnopharmacology . 2008;116(3):383–396.

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